Qu’est-ce que j’ai ressenti en 2020. Le bilan, partie 2.

Après le bilan des apprentissages, un bilan plus émotionnel. Parce que je crois profondément qu’il faut ré-humaniser notre environnement. Et parce que mettre des mots sur des émotions, comme le dit mon amie Claire, c’est les apprivoiser. Elles sont là, elles sont légitimes, elles disent quelque chose de nous et de nos besoins. Pas facile à écrire mais ça me donne envie de le refaire et a posteriori, j’aurais bien aimé avoir ceux des années précédentes.

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“Et puis, nommer c’est faire exister et rendre légitime. Nous vivons mieux avec ce que nous connaissons !”

Un peu de contexte

L’amour

L’amour inconditionnel pour mon petit garçon. Si sa naissance a eu pour cadre un chaos émotionnel pour moi, si encore aujourd’hui, je ne suis pas en paix avec ça ni le fait que j’élève un enfant seule (et toutes les responsabilités qui vont avec ainsi que toute la perte de liberté qui va avec), je l’aime sans me poser de questions. Le voir grandir, changer, apprendre et passer de grands caps, cela m’émerveille. C’est juste beau. Et moi qui pleure pour un rien (hypersensibilité bonjour!) j’ai souvent les yeux humides !

Crédit Photo : Amandine Gimenez Photographie

Lassitude extrême

Choisir pour tout et tout le temps. Pour deux personnes dont un bébé. C’est usant. Même s’habiller devient compliqué. C’est le début d’une spirale infernale où tout prend de l’énergie et rien ne fait aller «mieux». La fatigue s’accumulant avec le temps, c’est un aller simple vers le burn out. Voilà pourquoi laisser une mère seule pendant la grossesse ou avec son bébé à peine né ne devrait jamais arriver et surtout, ne pas être considéré comme «normal».

«Il faut un village pour élever un enfant.»

Je trouve cette affirmation si vraie, la question maintenant que les familles sont si éclatées géographiquement, c’est “comment (re)créé-t-on un tel village pour entourer la jeune mère.

Je ne me suis jamais sentie aussi seule

Jusqu’à ce que je *le* rencontre, je n’ai jamais craint la solitude. Je l’ai même expérimentée, longtemps. Et puis, *il* est arrivé dans ma vie, on a fait des rêves, bâti des projets, grandi, évolué. On s’est engagé, on s’est marié, les projets continuaient et je nous voyais indissociables. (Je n’étais pas la seule d’ailleurs). D’autant que cela avait l’air réciproque. C’était merveilleux. Lorsqu’il est parti brutalement, je me suis retrouvée seule. Dans ma vie, dans mes choix, dans mes nuits, dans ma maternité.. Si elle est toujours difficile à accepter, cette solitude là, disons que je vis maintenant avec depuis près de 2 ans.

  • L’arrêt des rencontres avec d’autres adultes dont je me nourris habituellement. Avec le fait de n’être cantonnée qu’au rôle de mère et de ménagère, je me suis sentie régresser, devenir nulle, inintéressante, oubliée.
  • La fin des contacts physiques. Plus d’embrassades, de marques d’amour, de câlins de réconfort. C’est simple, ce n’est qu’en août que quelqu’un m’a pris dans ses bras. J’ai fondu en larmes de réaliser physiquement à quel point cela me manquait en plus de ressentir le fait que je ne pouvais plus m’abandonner, me reposer. Il le sait, je lui suis extrêmement reconnaissante.

Le trop plein

Je pense que le pire est passé. Le pire a eu lieu pendant ce confinement saison 1 et jusqu’à l’été voire peut-être au 2e confinement même si ça allait mieux je crois. Ça ne s’est pas beaucoup vu. C’était invisible pour la majorité puisque la plupart du temps en 2020, comme beaucoup, j’étais seule. Pas vraiment de vie sociale, personne pour voir la détresse d’une mère shiva au bout du rouleau.

“Quand on vit une parentalité où notre enfant à des difficultés de sommeil, on passe par des états mentaux de détresse absolue.” — Cécile Doherty Bigara, autrice de “Nouvelle mère” dans le podcast “La Matrescence”

La gratitude envers moi-même

En 2020, j’ai du faire un choix en plus, dont je me serai peut-être bien passée mais qu’il devenait urgent d’écouter. Je veux parler ici de ma vie professionnelle. Cela fait quelques années maintenant que je sais que je veux changer de voie. J’en avais déjà parlé ici d’ailleurs mais mon projet initial de tiers lieu, demande un temps et une énergie que je n’ai plus. Pour autant, je ne peux plus rester dans cette seule activité actuelle de communication. Le confinement n’a pas été une révélation sur mon métier. Même si j’essaye vraiment d’y mettre du sens, je pourrais bien le classer dans les bullshit jobs. Paradoxalement, pendant le confinement saison 1, je croulais sous le travail..

Ancrage, équilibre, circulation d’énergie.

La honte d’être une charge

Devoir demander tout le temps. Dès que je souhaite faire quelque chose qui ne rentre pas dans les horaires de la nounou, où qui nécessite mon attention complète, ou mes deux bras. Commencer plus tôt, finir plus tard. Ce n’est rien et pourtant c’est une logistique de dingue. Babysitter, demande autour, finance, balance, renoncement. Alors quand avec un caractère un peu indépendant et généreux, c’est…difficile. Tu apprends à dire oui en sachant que tu ne pourras pas rendre, tu essayes de te dire que ce n’est pas par pitié mais parce qu’on veut t’aider, tu dis merci et parfois- souvent, tu refuses. Parce que c’est trop dur, parce que tu ne veux pas déranger, parce que tu te mets des barrières, parce que ta vie est déjà assez compliquée comme ça.

La gratitude envers les autres

J’éprouve souvent de la gratitude. 2020 n’a pas dérogé à la règle. Ouf ! Mes parents, Elisabeth, Floriane, Boris, les mères-veilleuses, les copain.ine.s fleuristes et d’autres… à leurs manières, consciemment ou non, ils et elles m’ont bien aidée dans cette drôle d’année là et pour ça, je les remercie. ❤

Confiance et bienveillance : “One step at a time”

Pas facile cette année de faire confiance au lendemain. De ne pas se juger. D’accepter ce qu’on est et ce qu’on fait. Et pourtant quand je regarde en arrière, je n’ai pas honte. J’ai fait ce que j’ai pu avec ce que j’avais à ma disposition. Je ne m’en sors pas trop mal si on ne prend pas en compte les montagnes russes du moral et des émotions liées à l’accompagnement d’un petit qui lui, est justement en train de les découvrir, ses émotions.

Roue des émotions de Robert Plutchik

Et mon intention pour 2021 ?

Re-vivre. Retrouver un chemin qui me correspond dans ce nouvel axe qui m’a été imposé. Ré-aligner. Recentrer sur l’essentiel. Je vais essayer tout du moins.

En transition. Storytelling et communication en freelance. Engagée sur les sujets liés à l’environnement. Apprentie fleuriste. Maman solo.

En transition. Storytelling et communication en freelance. Engagée sur les sujets liés à l’environnement. Apprentie fleuriste. Maman solo.